Faut-il étaler sa vie privée sur les réseaux sociaux pour développer sa notoriété ?

Alors que certains sont à peine présents sur le Net, d’autres n’hésitent pas à étaler leur vie privée sur les réseaux sociaux et à soumettre leur intimité au regard des autres. Mais est-ce que le fait d’étaler sa vie privée sur Facebook, Instagram, Twitter ou bien LinkedIn, nous permet de développer notre réputation et notre notoriété ? Et quelle attitude adopter lorsqu’on veut devenir une star sur son marché ?

Commençons par le commencement, car tout dépend :
1. De la façon dont on veut impacter son audience, son réseau, surtout s’il est professionnel.
2. De ce que l’on attend de cette audience et de la façon dont on voudrait qu’elle réagisse (parce qu’elle va réagir, puisqu’elle a les moyens de s’exprimer et de dire si elle aime ou si elle n’aime pas, et de commenter vos publications). C’est la règle du jeu. Une règle qu’on oublie souvent.

1. CE QUE JE SOUHAITE AVOIR COMME IMPACT SUR MA CIBLE, SUR MON RÉSEAU OU SUR MON MARCHE

Avant de se lancer, on devrait toujours réfléchir à sa stratégie de communication et se poser certaines questions, telles que :

  • Quelle est mon intention ?
  • Quel bénéfice est-ce que je veux retirer de ma communication ?
  • Quel impact est-ce que je veux avoir sur ma cible ? Sur mon réseau ou sur mon marché ?
  • Qu’est-ce que je veux montrer de moi ?
  • Qu’est ce que je veux mettre en avant ?
  • Qu’est-ce que je veux qu’on pense de moi ? Qu’on dise de moi ?

C’est si facile aujourd’hui de partager tout et n’importe quoi, qu’on ne prend pas le temps de vraiment y réfléchir. On partage des choses (images, articles, impressions, opinions, etc.), simplement parce qu’on les apprécie, parce qu’on trouve cela amusant, où parce qu’on se dit qu’il faut partager quelque chose pour être cool (un peu comme la première fois qu’on a fumé une cigarette, on fait ce que les autres font pour se fonder dans la masse, se faire des amis et éviter d’être marginalisé, d’être exclu). Sans oublier que les réseaux sociaux ont quelque chose d’addictif (que de soit dans le fait de partager ou de les consulter)…  Mais on ne s’interroge pas sur l’image que cela donne de soi, ni sur ce que vont penser les autres lorsqu’ils liront notre poste et encore moins sur la manière dont ils risquent de réagir. Si tant est qu’on puisse contrôler leur réaction.

Malheureusement, comme dans la vraie vie, on a tendance à dire spontanément ce qu’on a envie de dire et on ne prend pas en compte celui ou ceux à qui on s’adresse.

Sachez qu’entre ce que vous souhaitez communiquer et ce que l’autre ou les autres comprennent, il y a au moins 7 bonnes raisons de ne pas vous entendre.

D’un coté, il y a :
1. Ce que vous pensez, votre interprétation personnelle des choses.
2. Ce que vous exprimez, ce que vous montrez.
3. Ce que vous pensez avoir exprimé, dit, écrit, montré.

De l’autre, il y a :
4. Que l’autre entend ou lit.
5. Ce que l’autre comprend.
6. La façon dont il interprète ce qu’il comprend les choses.
7. Et la façon dont il réagit à ce qu’il a compris.

D’où la raison pour laquelle il est si compliqué de se faire entendre, car on ne peut contrôler qu’une partie du message, la sienne. Et avant tout acte de communication sur les réseaux sociaux, on devrait prendre le temps de s’interroger sur l’impact que l’on va avoir sur les autres. Et la réponse à cette interrogation constitue ce que l’on appelle : une ligne éditoriale. Autrement dit, la liste des thèmes sur lesquels on souhaite communiquer selon un objectif déterminé.

Mais revenons au sujet de cet article : Est-ce que le fait d’étaler sa vie privée sur les réseaux sociaux va véhiculer le message que l’on souhaite transmettre ? Que ça soit auprès de sa sphère personnelle ou professionnelle.

Par exemple : est-ce que le fait de partager la photo de son petit-déjeuner sur Facebook ou sur Instagram va renforcer son message initial, celle de l’empreinte qu’on veut laisser ?

La réponse peut tout à fait être positive, si on travaille dans le domaine de la nutrition, si on anime un Blog gastronomique, ou si on est en voyage et que son voyage est un élément de sa ligne éditoriale. Si c’est juste parce qu’on trouve ça bon, non !

Cela dépend aussi du message que l’on va écrire pour accompagner sa photo. Sachant que photos et messages sont liés et créent un impact différent en fonction de ce qu’on cherche à exprimer.

Tout dépend aussi de ce que nous souhaitons retirer de cet acte de communication. Mais même si c’est un loisir, je conseille malgré tout de prendre soin de publier dans un cadre « privé » (amis / relations) et d’éviter de le faire en utilisant la fonction « public », parce qu’il ne nous viendrait jamais à l’idée d’aborder les passants dans la rue en leur montrant la photo de notre petit-déjeuner en leur demandant ce qu’ils en pensent. Encore moins en ce qui concerne la photo de nos gosses ou celle de la dernière paire de baskets qu’on a achetée. Cela paraîtrait totalement puéril et immature (il y a à peine une centaine d’années, on nous aurait peut-être même enfermés dans un hôpital psychiatrique pour avoir fait cela !!)

Ce que nous ne faisons pas dans la vie privée ne le faisons pas sur les médias sociaux. C’est aussi la vraie vie !

2. QU’EST-CE QUE J’ATTENDS DES AUTRES ?

Après avoir défini ce qu’on veut montrer de soi-même, les raisons pour lesquelles on communique et qu’on a construit sa « ligne éditoriale ». Avant de poster, on devrait se demander ce qu’on souhaite avoir comme impact sur les autres. Ce que nous voulons qu’ils comprennent de notre message. Ce que nous souhaitons qu’ils fassent. La façon dont nous voulons qu’ils réagissent. Sachant que nous ne pouvons pas réellement tout contrôler. Mais que nous pouvons créer une intention puissante et cohérente, donner une direction, que les autres comprendront ou pas, que les autres prendront ou pas.

Comme je l’ai précisé plus haut, dans tous les actes de communication il y a deux parties à prendre en compte : la nôtre (l’émetteur) et les autres (les receveurs). Et si nous ne pouvons pas vraiment contrôler les réactions des autres, faisons de notre mieux pour contrôler la nôtre.

FAUT-T-IL DONC PARTAGER SA VIE PRIVÉE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX POUR DÉVELOPPER SA NOTORIÉTÉ ?

OUI, si votre vie privée fait partie des éléments qui contribue au développement de votre notoriété. Ce qui peut être le cas si vous êtes une personne publique, comment on le dit à juste titre, et si vous avez envie que votre vie privée fasse clairement partie de votre stratégie de communication.

Sans oublier que bon nombre de personnes publiques ont une stratégie de communication inversée. Ce qui veut dire qu’elles gardent leur vie privée secrète, et que c’est justement ce qui les différencie et établit leur notoriété. Parce que les gens aiment ce qui est secret, surtout à l’heure où tout est étalé au grand jour. Mais cela doit vraiment faire partie d’une stratégie. Rien ne doit être laissé au hasard. Et ces personnes ont, par ailleurs, un autre moyen pour se faire connaître. Soit en étant incontournables dans ce qu’elles font, soit parce qu’elles laissent aux autres le soin de parler d’elles. C’est ce que faisait brillamment Steve Jobs.

Les conseils qu’il nous a laissés sur la manière de développer sa réputation sont les suivants :

  1. Se forger une apparence et y rester fidèle. Ne pas sous-estimer l’impact de son image sur les autres.
  2. Entretenir le mystère en parlant très peu de soi (de sa vie privée). Garder pour soi sa mission et ses projets professionnels, et en dévoiler le moins possible.
  3. Laisser aux autres le soin de chanter ses louanges en distillant les informations, afin de susciter la fidélité de ceux qui se sentent honorés d’avoir été mis dans le secret. Et d’entretenir les rumeurs. Rien de tel que le buzz pour faire parler de soi à moindres frais…
  4. S’investir en personne quand la situation l’exige. C’est en s’investissant personnellement qu’on convint le mieux. Votre meilleur VRP, c’est vous !
  5. Scénariser ses apparitions pour en renforcer l’impact. Préparer ses interventions au millimètre près. Être clair et avoir des PowerPoint zen. Se mettre en scène et mettre ce que l’on présente en scène. Illustrer ses propos avec des images simples et compréhensibles par tous.
  6. Croire en son destin, afin de se montrer convaincant. Être certain d’avoir une mission à accomplir, d’une différence à faire dans le monde.

Donc NON, si votre vie privée ne contribue pas à développer votre notoriété.

On voudrait bien que les gens ne se mêlent pas de ce qui ne les regarde pas et que notre communication reste dans un cercle restreint, mais c’est oublié la fonction « partage » (fonction bien pratique si on publie des choses à titre professionnel, mais risqué si on publie des choses de notre vie privée). Ça n’est donc pas ce qui se passe dans la réalité. Non seulement les gens donnent leur avis, mais en plus ils ont les outils qui leur permettent de le faire. Alors, attention à ce que vous partagez et évitez de considérer que si vous avez beaucoup de likes sur vos postes, c’est que vous avez une bonne réputation. Statistiquement, ce sont les vidéos chats qui obtiennent le plus grand nombre de likes, et je ne pense pas que ça ait donné envie à quelqu’un d’en posséder un. Enfin, je me trompe peut-être ! Mais ce qui va vous permettre de développer votre notoriété, c’est ce que vous ferez lorsque vous rentrerez réellement en relation avec les gens, surtout dans un cadre professionnel. Vous pouvez poster tout ce que vous voulez sur LinkedIn, sur Viadeo ou su Twitter… si vous n’entrez pas directement en contacte avec les gens pour les rencontrer – en vrai. Il ne se passera rien et vous aurez perdu votre temps à publier des trucs sur les réseaux sociaux.

Par contre, une fois que vous les aurez contactés, devinez ce qu’ils vont faire ?

Ils vont consulter votre profil pour voir ce que vous avez posté. C’est pourquoi vous avez intérêt à en prendre soin. Ils s’attendent à trouver une cohérence entre ce que vous leur avez dit et ce qu’ils verront sur le net… D’où l’importance de se créer consciencieusement une ligne éditoriale et de s’y tenir.

Personnellement, même si je suis consultante en Personal Branding, je n’ai jamais soumis ma vie privée au regard des autres. Vous ne verrez jamais de photos de ma famille, car je considère que ça ne regarde que moi et ma famille. Vous ne connaîtrez jamais mes opinions politiques, parce que je sais que ce sont des sujets qui suscitent de nombreux malentendus et qu’il est encore plus difficile de se faire comprendre sur les médias sociaux que face à son locuteur.

Ce qui ne m’empêche pas de partager des sujets qui tournent autour des sciences humaines, de la sociologie ou de l’écologie, parce que ça fait partie du message que je souhaite véhiculer. Je considère l’écologie* dans toute l’ampleur du terme, allant jusqu’à l’écologie de soi. Et mon but et de faire réfléchir les gens. D’ailleurs, il est intéressant de constater que ce genre de poste est rarement liké. Mais ça ne veut pas dire que les gens ne les lisent pas. Certains m’ont même dit de vive voix qu’ils m’avaient contactée parce que je communiquais sur ce genre de sujets sans pour autant s’être manifestés sur les médias sociaux. Que ça leur avait permis de mieux comprendre qui j’étais et de venir vers moi.

POUR RESUMER :

Je dirais que toute publication sur les réseaux sociaux doit faire au préalable l’objet d’une réflexion qui consiste à répondre à 3 questions :

  1. Quelle est mon intention en partageant cela ?
  2. Est-ce que ce que je partage contribue au développement de ma notoriété ?
  3. Est-ce que ce que je partage va toucher ma cible et véhiculer le message que je souhaite lui transmettre ?

A vous de jouer !

Pascale

* Ecologie de soi : rechercher un meilleur équilibre personnel, ainsi qu’un meilleur équilibre relationnel.

©PascaleBaumeister – Tous droits de reproduction réservés.

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