Mesdames, avez-vous lu Sun Tzu ?

Mesdames, connaissez-vous ce livre qui a inspiré des générations de militaires, d’hommes d’affaires et de politiques ?

Ce livre qui formule des techniques et des pensées stratégiques extrêmement précises et qui a été écrit par un philosophe et grand stratège chinois il y a environ 2.500 ans ?

« L’Art de la Guerre » de Sun Tzu.

Je veux vous parler de ce livre, parce que justement, il fait rarement partie des lectures de prédilection féminines. Peut-être parce qu’à priori, les femmes n’aiment pas la guerre. Ou parce que durant des années, elles en ont été exclues. La guerre, ça a pendant très longtemps une affaire d’hommes, n’est-ce pas !

Mais voilà, ce que le titre de ce livre ne nous dit pas, c’est que pour Sun Tzu, l’art de la guerre, c’est justement de ne pas la faire. Car si nous en venons aux affrontements, c’est que, d’une certaine façon, nous l’avons déjà perdu la guerre.

Comprenez donc que ce livre nous révèle, en réalité, la façon de gagner des batailles avec diplomatie, stratégie et subtilité, et que « faire la guerre » ne veut pas dire nécessairement combattre, ni qu’il n’y a un gagnant et un perdant.

Combattre, c’est ce que nous faisons quand tout le reste a échoué et toute la subtilité de cet art consiste donc à mener des victoires avec un minimum de conflit, afin d’atteindre ses objectifs le plus efficacement, éthiquement et respectueusement possible…

Par conséquent, ce livre devrait être le livre de chevet de toutes les femmes qui souhaitent prendre leur place dans leur environnement professionnel ou politique et de toutes celles qui souhaitent devenir de redoutables chefs d’entreprise 😉

Personnellement, j’ai lu ce livre il y a une quinzaine d’années et comme beaucoup, je l’ai trouvé très ennuyeux. Je vais être honnête avec vous, à l’époque, je n’y ai rien compris, malgré le fait que je pratique des arts martiaux (Karaté et Aïkido) depuis l’âge de 15 ans.

Pourtant, des livres de ce type, j’en ai lu un paquet, tels que le « Traité des  cinq roues » de Miyamoto Musashi, une bonne partie des livres de Thomas Cleary, « Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc » de E. Herrigel, « L’esprit du geste » d’Arnaud Cousergue, mes préférés étant ceux de Saotome Sensei sur l’Aïkido, que j’ai eu la chance de le rencontrer.

Puis, je suis tombée sur la traduction que Madame Chin-Ning Chu a fait du livre Sun Tzu pour les femmes et j’ai commencé à prendre le sujet très au sérieux :

« L’art de la guerre pour les femmes »

Comme l’écrit Madame Chu, je pense que les femmes sont des négociatrices nées et qu’elles ont un don tout particulier pour résoudre les problèmes de façon équitable. La plupart d’entre elles préférant les situations où tout le monde est gagnant à celles où il n’y a qu’un seul vainqueur.

Elles ont fait cela durant des siècles. Ça a bien souvent été leur rôle au sein de leur famille (ce qui ne veut pas dire que les hommes ne sont pas capables d’en faire autant).

Alors, comment se fait-il que les femmes aient tant de difficultés à s’imposer dans cette société pour obtenir l’égalité, que ce soit pour ce qui concerne leurs salaires ou leurs évolutions professionnelles ?

C’est justement sur ce point que Sun Tzu peut nous être d’une grande utilité, car demander l’égalité professionnelle n’est pas suffisant. Les femmes ne peuvent pas se permettre de dire que, sous prétexte qu’elles sont des femmes, elles méritent d’être traitées de façon égale aux hommes.

Qu’on soit homme ou femme, chacun doit gagner le respect auquel il aspire et faire ses preuves quant à ses compétences et ses talents.

Qu’on le veuille ou pas, le monde du travail est un monde guerrier. C’est ainsi qu’il a été conçu et si elles veulent que les choses changent, les femmes doivent commencer par l’accepter. Elles doivent accepter que nous vivons dans un monde gouverné par les hommes.

C’est en prenant ce fait en considération qu’elles doivent aborder le milieu professionnel, politique et social. Tout simplement parce que si elles ne l’acceptent pas, elles ne réussiront jamais à prendre leur place et a s’imposer dans ce monde.

C’est d’ailleurs ce que nous enseigne Sun Tzu dans son livre. Il nous parle du :

DI = LE TERRAIN
« Adapter vos actes à votre environnement »

Ce qui mène les affaires depuis toujours, c’est la performance. Et chaque jour, nous devons mener des batailles politiques et si les femmes veulent prendre leur place, elles vont devoir la gagner et ne pas se contenter d’attendre sagement qu’on la leur donne. Ce qui d’ailleurs ne serait pas tout à fait juste, si on considère que les hommes se sont battus durant des siècles pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Le terrain est donc déjà bien occupé par ces hommes et les femmes vont devoir jouer serré. Faire preuve d’intelligence et de subtilité… Et c’est là qu’elles ont toutes leurs chances 😉

L’Art de la guerre repose sur l’application de stratégies qui s’appuient sur la compréhension approfondie des personnes auxquelles nous avons affaire et de notre environnement.

Mais plus encore, ces stratégies supposent que nous nous connaissons nous-mêmes de façon objective : que nous connaissons nos forces et nos faiblesses, nos buts, nos peurs. Elles nous invitent à allier exigence éthique et besoins matériels, à développer notre capacité à avoir une vision d’ensemble sur les situations que nous abordons, afin de maîtriser la pensée stratégique. Tout en devenant plus novatrice, créative ainsi qu’adaptable à toutes les circonstances pour réussir ce que nous entreprenons, tout en restant fidèles à nous-mêmes.

Et si au lieu de s’insurger contre les comportements des hommes à leur égard en milieu professionnel, les femmes entreprenaient de les étudier pour réfléchir aux meilleures approches à mettre en place, tout en faisant preuve de diplomatie, afin de gagner sur leurs terrains avec nos propres armes ?

Selon Sun Tzu (Tsu ou Tze, ce qui veut dire « Monsieur » en chinois), cinq éléments régissent la réussite et doivent être inclus dans les phases de préparation de n’importe quelle tactique :

TAO :  Votre moralité et la motivation qui est à l’origine de vos actes.
TIEN :  Le timing. À certains moments, il est nécessaire de passer à l’action ; à d’autres, il est préférable d’attendre. (Et pour nous, Mesdames, c’est maintenant le bon moment !!!)
DI :  Le terrain. L’étude des obstacles que nous avons à surmonter et de la distance que nous devons parcourir pour atteindre nos buts.
JIANG :  Les qualités de leader. Selon lui, être sage, confiant-e, bienveillant-e, courageux-se, strict-e.
FA :  La méthode ou l’art de diriger. (Facile, parce que nous avons des millénaires d’entrainement au sein de nos familles et avec nos conjoints. Enfin, la plupart du temps !!!).

J’aimerai encore m’attarder sur le DI : l’étude du terrain, car il me semble que c’est principalement sur ce point que les femmes devraient améliorer leur stratégie pour prendre leur place dans notre société :

« La Terre comporte le loin et le proche, le danger et la facilité, des terrains vagues et des cols étroits. Tous détermineront vos chances de vie et de mort. » SUN TZU

En effet, étudier le terrain sur lequel nous devons évoluer est une chose que les femmes n’ont pas été habituées à faire. Elles ont plutôt tendance à s’adapter à une situation et à essayer de faire avec. Elles essaient de saisir les opportunités comme elles se présentent, sans vraiment réfléchir à la façon de les obtenir et supposent bien trop souvent que si elles font bien leur travail, elles se feront remarquer et obtiendront une promotion… Et ça, ce n’est pas Sun Tzu qui en a fait le constat, c’est moi, au regard de l’expérience que j’ai en matière d’accompagnement des femmes au cours de ces 20 dernières années.

L’image que je voudrais vous transmettre pour que vous compreniez ce point de vue, est celles-ci :

C’est un peu comme si vous étiez un enfant et qu’après un déménagement, vous vous retrouviez dans une nouvelle école, en plein milieu de l’année scolaire. Tous les autres enfants étaient là depuis longtemps, voire pour certains, depuis plusieurs années. Alors, ils ont établi des règles, ils ont lié des amitiés.

Dans ces circonstances, vous savez à quel point il serait stérile d’attendre qu’un adulte (ou une quelconque autorité) vous présente et suggère à vos petits camarades de vous intégrer à leurs groupes pour jouer avec vous.

Sachant que certains le feront peut-être. Mais vous savez très bien que si vous voulez gagner le respect et l’amitié de ceux qui sont déjà en place, vous allez devoir faire vos preuves. Et que si vous échouez, vous risquez de vous retrouver en retrait en compagnie de tous ceux qui n’auront pas réussi à s’intégrer. Il y a même de fortes chances que vous nourrissiez un sentiment d’exclusion qui vous accompagnera durant le restant de l’année, pire, durant toute votre scolarité.

Comme dans la cour de récré, si les femmes veulent réussir à s’intégrer, elles doivent faire preuve de diplomatie et prendre le temps d’observer ce qui se joue dans la société pour laquelle elles travaillent. Ou, si elles sont indépendantes, la façon dont s’est construit le marché dans lequel elles évoluent.

En tant que femme, voici, entre autres, le type de questions que vous pourriez vous poser :

  • Qui sont les chefs en place ?
  • Comment exercent-ils leur autorité ?
  • Par qui sont-ils secondés ?
  • Quels sont les rôles de chacun (pas uniquement les fonctions) ?
  • Quels sont leurs forces et leurs faiblesses ?
  • Où vous situez-vous dans cet environnement ?
  • Sur quelles compétences ou quels talents allez-vous pouvoir vous appuyer pour prendre votre place ?
  • Et éventuellement, qu’est-ce que vous avez besoin d’apprendre ou d’améliorer dans votre comportement, dans votre caractère ou en ce qui concerne vos compétences, pour prendre une bonne position et réaliser vos ambitions ?

À partir de là, vous allez devoir réfléchir à la meilleure façon de présenter vos idées pour qu’elles touchent vos interlocuteurs et prouvent que vous méritez la place à laquelle vous prétendez.

Au passage, savez-vous que le livre de Sun Tzu était une sorte de curriculum vitae, écrit dans l’espoir d’obtenir un emploi de commandant militaire auprès du roi de OU, alors qu’il se trouvait en pleine guerre civile chinoise ?… Si ce n’est pas du Personal Branding ça !

Toutes ces questions, même si elles vous paraissent complexes, il est primordial que vous vous les posiez si vous voulez vous faire admettre dans cette société. Pour ne pas vous retrouver avec ceux qui se sentent rejetés et qui passent leur temps à critiquer ceux et celles qui sont au sommet en répétant à qui veut l’entendre que ce n’est pas juste…

Retrouvez le livre de Chin-Nig Chu « L’art de la guerre pour les femmes » dans ma liste de sélection, situé à droite du Blog.

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